Fotografia a Catalunya
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5. EL FOTOPERIODISME I LA SETMANA TRÀGICA: FREDERIC BALLELL i JOSEP BRANGULI

Tramway renversé dans la rue Torrent de l’Olla. Josep Brangulí. (ANC)

5. Le photojournalisme et la Semaine Tragique: Frederic Ballell et Josep Branguli

Les implications sociales et politiques des Actions de Juillet 1909 – la révolte populaire contre la misère et les enrôlements forcés pour aller combattre à la guerre du Maroc, qui s’acheva par l’un des épisodes de furie iconoclaste les plus importants jamais survenus – représentèrent un point d’inflexion dans l’histoire de Barcelone. Bien entendu, ces épisodes ont été largement analysés à partir de points de vue très différents ; néanmoins, l’importance décisive qu’ils eurent pour la consolidation du photojournalisme est une des dimensions qui est presque passée inaperçue jusqu’à présent.

Hommes, femmes et enfants dressant une barricade. Frederic Ballell. (AFB)

À partir de cet été de violence, « l’éclair de lumière ténébreuse », mots employés par Joan Maragall pour parler des décombres des églises incendiées, fut peu à peu métaphoriquement remplacé par des éclairs de lumière bien différents : des photographies « d’actualité palpitante » qui eurent un impact inédit sur le public et ouvrirent les portes de la modernité en termes de communication sociale.

Cercueils profanés à l’église de Magdalenes. Frederic Ballell. (AFB)

Cet essor fut le fruit du travail opiniâtre des photojournalistes en activité à Barcelone au début du XXe siècle. Des noms comme Frederic Ballell, Adolf Mas, Enric Castellà, Josep Brangulí, Xavier Gambús, Alejandro Antonietti, Josep Banús Moragas, Franz Walker, Alessandro Merletti ou Josep Maria Sagarra, entre autres, signèrent des photographies qui, au vu de leur répercussion, peuvent être considérées aujourd’hui comme des fondements.

Tramway renversé dans la rue Torrent de l’Olla. Josep Brangulí. (ANC)

Frederic Ballell (1864-1951) fut l’un des premiers à appliquer  la technique photographique au suivi journalistique à une époque où le concept de photojournalisme n’existait pas encore. Ingénieur industriel, il promut de manière décisive le travail hors du studio, à la recherche de faits pouvant faire l’événement.   Collaborateur au sein de différents projets de Napoleón, Fernando Rus et Adolf Mas, il fut un des fers de lance de la renaissance d’Ilustració Catalana à partir de 1903. Il travailla également pour Feminal, L’Esquella de la Torratxa, La Campana de Gràcia, La Hormiga de Oro, ainsi que pour d’autres importants hebdomadaires madrilènes comme Blanco y Negro ou La Esfera. Incroyablement talentueux, il nous a laissé au fil de sa carrière certaines des images les plus précieuses du quotidien des Barcelonais au début du XXe siècle, en affichant un intérêt presque anthropologique pour prendre le pouls des rues. Au cours des faits qui secouèrent la ville à l’été 1909, il parcourut sans relâche le quartier de Ciutat Vella, réussissant à saisir une des photographies symboliques de la révolte populaire.

Anniversaire de la mort de Ferrer i Guàrdia. Frederic Ballell. (AFB)

Josep Brangulí (1879-1945) fut un autre des grands noms de cette première génération de reporters marqués par le boom de 1909. Sa figure est essentielle pour comprendre les débuts et l’évolution du métier, ce que signifiait être correspondant et comment faire d’une entreprise familiale une agence photographique. Brangulí passa plus de trente ans à photographier ce qui l’entourait tout en dirigeant méticuleusement l’une des affaires les plus solides de l’histoire de la photographie catalane. La plupart des professionnels du premier photojournalisme barcelonais travaillèrent pour lui. Conscient dès le départ des possibilités qu’offrait la photographie en tant qu’activité moderne, rentable et ayant des perspectives de croissance, il misa sur le photojournalisme et diffusa sa production dans la presse du monde entier. Ses photographies de la Semaine Tragique connurent un succès immense et furent publiées dans Il Secolo, La Ilustrazione Italiana, La Domenica del Corriere, L'Illustration et un grand nombre de médias espagnols ; des séries de cartes postales en furent également tirées. Dès lors, Brangulí sut tisser un important réseau de correspondants nationaux et internationaux qui furent la clé de voûte d’un petit empire photographique.

Carte de presse de Josep Brangulí. Fonds Brangulí. (ANC).

PHOTOGRAPHIES DE LA FOURE CONTESTATAIRE

Andrés Antebi, Teresa Ferré, Pablo González

PHOTOGRAPHIES DE LA FOURE CONTESTATAIRE