Fotografia a Catalunya
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PREÀMBUL

«La nature ontologique de la photographie en fait une précieuse source civile, car ce qui se trouve inscrit en elle est toujours excessif par rapport à chacune des représentations que, à chacune des parties, elle aimerait imposer».

Ariella Azoulay1

«La supposition ontologique voulant que la photographie soit un événement de rencontre se transforme en la supposition civile qui permet au citoyen-spectateur de refuser de reconnaître les limites du champ de vision partiel produit par ceux qui ont le pouvoir de refuser le pouvoir d’accéder aux photos, tel un interrogateur de Shabak ou de Lanzmann, qui déclara qu’il détruirait les photos des chambres à gaz s’il en trouvait».

Ariella Azoulay2

Le présent texte vient compléter et développer certaines des idées présentées par le projet curatorial mené en vue de l’exposition Les photographies en tant qu’espace public. Collection de photographie. Généralité de Catalogne.3 Avant de nous centrer sur les réflexions proposées par l’exposition, nous aimerions expliquer brièvement dans quel contexte celle-ci a surgi, et décrire la plateforme depuis laquelle les œuvres qui la composent sont présentées.

Créée avec pour mission d’assurer que les expressions photographiques les plus significatives puissent être valorisées et protégées, la Collection nationale de photographie de la Généralité de Catalogne est l’un des grands axes du Plan national de photographie lancé en 2014. L’idée d’élargir la connaissance de ce médium omniprésent mais souvent banni des collections catalanes n’est pourtant pas nouvelle. Cette aspiration avait déjà été évoquée lors des discussions qui se sont tenues pendant les Journées catalanes de la photographie, en 1980. Elle s’est aussi manifestée par la création de la Primavera fotográfica (Printemps photographique) en 1982.

La décision de veiller à ce que des œuvres photographiques soient présentes au sein de la Collection nationale de photographie historique et contemporaine de Catalogne, qui faisait partie du Fonds d’art de la Généralité, a par ailleurs été ardemment défendue par David Balsells, qui y a joué un rôle fondamental depuis le Centre d’Art Santa Mònica et, plus tard, depuis le Museu Nacional d’Art de Catalunya, ainsi que par le secteur des professionnels liés au domaine photographique. Au fil des ans, ces derniers n’ont cessé d’en proclamer l’importance, de façon de plus en plus pressante. Néanmoins, depuis le courant des années quatre-vingt-dix, la politique d’acquisition a cessé d’être régulièrement appliquée. La création du Plan national de photographie devrait assurer que, les prochaines années, ce travail indispensable puisse être accompli avec moins d’obstacles.

 

1. AZOULAY, Ariella, “Al·legacions d’emergència: tres arguments sobre l’ontologia de la fotografia », dans VICENTE, Pedro (dir.), Instantànies de la fotografia. Tarragone : Arola Editors, 2009, p. 96.

2. Ibid., p. 91.

3.http://artssantamonica.gencat.cat/ca/detall/Fotografies-com-a-espai-public.

Les photographies en tant qu’espace public

Marta Dahó

Les photographies en tant qu’espace public