Fotografia a Catalunya
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12. XAVIER RIBAS

LC (22 imatges) 2002-2003 © Xavier Ribas.

Pourquoi le choc de cette nouvelle définition de la photographie comme événement collectif est-il si important? S'il peut sembler au premier abord que sa démarche est si inclusive qu'elle ne facilite pas une approche plus précise de la question, on finit par comprendre qu’elle constitue une contribution radicale car elle implique le retour d'une potentialité civile et politique que la photographie a toujours possédé mais n'a pas toujours pu exercer. Nous ne parlons pas ici du contenu politique des sujets couverts par certaines œuvres photographiques, mais du positionnement vital de chaque œuvre. Si l'image photographique a suscité beaucoup de doutes en ce sens, Azoulay ouvre des voies de compréhension réellement nécessaires.

Xavier Ribas, LC (22 imatges) 2002-2003, Museu d’Art Contemporani de Barcelona Dipòsit de la Generalitat de Catalunya. Col·lecció Nacional de Fotografia.

 

 

"LC est un quartier situé en marge, entre deux villes. Pour y arriver, il faut traverser des ponts et des tunnels, par-dessus ou par-dessous deux autoroutes, un cours d’eau et une voie ferrée. D’une certaine façon, c’est une île, un espace luxuriant dans l’imaginaire d’une enfance. La destinée de ce quartier a été écrite en 1859, sur un plan d’urbanisme qui situait l’endroit au cœur d’un parc métropolitain, sur la rive droite du cours d’eau. Cette utopie bourgeoise, projetée sur des terrains agricoles à l’ère de l’industrialisation naissante, a échoué à maintes reprises lorsqu’elle a tenté de devenir une réalité. Prisonnière de l’indéfinition du changement ou de la disparition, ignorée des autorités complaisantes et dévastée par les inondations et par l’héroïne, la « grande forêt » qui jamais ne fut a tenu le quartier à l’état de siège pendant un siècle et demi. Comme il arrive souvent dans les territoires frontaliers, la construction a pris l’aspect de la démolition. LC est aujourd’hui un espace invisible, méconnu de la plupart des habitants des deux villes qui le jouxtent, à l’exception des promoteurs, de ses propres habitants et de quelques militants locaux. Il possède une végétation qui le submerge avant l’extinction finale, quelques ateliers en ruine, quelques familles qui résistent à l’expulsion, une place triangulaire et un sapin de Noël".  (Xavier Ribas, 2003). 

Les photographies en tant qu’espace public

Marta Dahó

Les photographies en tant qu’espace public