Fotografia a Catalunya
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4. JOAN FONTCUBERTA

MN 56: LYRA (NGC 6779)  AR 19 h. 16,6 min. / D +30º 11' .

1993 © Joan Fontcuberta.

Les créateurs n’ont pas, eux non plus, échappé à cette question, dont les difficultés résident aussi dans le fait que tous n’utilisent pas de la même manière le mot « photographie », comme on le constate souvent dans les congrès et les tables rondes, où la diversité des critères est flagrante. Et nous ? Dans l’expérience que nous avons des images, comment gérons-nous les savoirs et les connaissances qu’une photographie nous apporte ? En tant que spectateurs – et, en même temps, depuis quelque temps, en tant que grands producteurs d’images – nous tendons sûrement à associer un certain sens de l’authenticité aux photographies de style documentaire. Nous savons pourtant aussi qu’il nous faut mettre un frein à cette inertie pour ne pas oublier de mettre en doute leur vraisemblance. De fait, ces cinquante dernières années, la compréhension de l’image photographique s’est polarisée autour d’une tendance qui, avec l’arrivée des techniques numériques, n’a fait que s’accentuer, marquant deux positions difficiles à concilier : la foi dans son objectivité, d’une part, et la méfiance quant à la fiabilité de son réalisme, par ailleurs.

Le registre visuel d’un ciel nocturne inondé d’étoiles est toujours, par-delà sa poésie atemporelle, fascinante et mystérieuse, une façon de consigner un positionnement et des orientations possibles, les coordonnées spatiotemporelles d’un sujet par rapport à un cadre de vision bien plus large, interplanétaire. Comme tout autre exemple de photographie astronomique, les Constelaciones (Constellations) de Joan Fontcuberta, situent aussi avec exactitude sa position au début des années quatre-vingt-dix. En outre, depuis la perspective actuelle, il permet d’identifier avec précision l’importance de ses recherches. Grâce à leur facette vulgarisatrice, elles ont marqué l’histoire de l’idée de photographie et porté un coup mortel à la transparence photographique et à la soi-disant neutralité de la vision technique et scientifique. Ce que notre imagination nous fait voir dans ces images correspond en réalité à la trace laissée par des insectes sur le pare-brise d’une voiture, où l’auteur a placé un papier photosensible. Ce dernier a fini par produire ce que l’on appelle un photogramme. «Même les marques les plus proches de la réalité matérielle – précise Fontcuberta – peuvent être équivoques. Et le sens d’une photographie ne provient pas de sa genèse en tant qu’image, mais de la 'constellation' d’intentions qui pèsent sur elle». 

Les photographies en tant qu’espace public

Marta Dahó

Les photographies en tant qu’espace public