Fotografia a Catalunya
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11. JOANA BIARNÉS

Sessió fotogràfica amb barrets Op-Art del dissenyador Antonio Nieto.

Madrid, 1972,©Joana Biarnés.

Dans le vaste panorama des réflexions actuelles, qui ces dernières années ont généralement eu tendance à privilégier l'analyse des conséquences des technologies numériques, la théoricienne Ariella Azoulay propose une nouvelle approche radicale de la définition de la photographie qui, elle, place l'implication humaine au centre de la question. Puisque, affirme-t-elle, l’on a jusque-là principalement abordé la compréhension de la photographie en termes de production en s'intéressant presque exclusivement à l'auteur (les photographes) et à ses résultats (les photographies), elle propose la possibilité de la comprendre désormais comme un lieu de rencontre.1 Une rencontre à laquelle participent le photographe et les sujets photographiés– s'il y en a – mais aussi tous ceux qui ont vécu le moment où l'acte photographique a eu lieu, sans oublier tous ceux qui, d'une manière ou d'une autre, sont impliqués dans ce à quoi la photographie fait référence. Autrement dit, tous ceux qui ont été photographiés, mais qui n'ont pas eu accès aux images, tous ceux qui étaient là, mais sont restés hors-champ, ainsi que les spectateurs qui se limiteront à entrer au contact de la photographie diffusée. Pour Azoulay, en somme, l'ontologie de la photographie est politique et est essentiellement en lien avec une certaine façon d'être avec les autres, façon dans laquelle l’appareil photo est impliqué.2

1. AZOULAY, Ariella, «Al·legacions d’emergència: tres arguments sobre l’ontologia de la fotografía», Op. cit., p. 89.

2. AZOULAY, Ariella, Civil Imagination: The Political Ontology of Photography. New York: Verso, 2012, p.14.

Joana Biarnés est l’une des premières photojournalistes à s’être, à partir des années 1960, attiré le respect dans un secteur professionnel dominé par les préjugés sexistes. Lorsque l’on examine ses photographies depuis la perspective d’aujourd’hui, on reconnaît l’atmosphère de l’époque, mais aussi quelque chose de plus subtil : la façon dont cette époque était vue et comprise par ses contemporains. Ce sont les images qui créaient la nouvelle et s’emparaient justement de ce qui surprenait à ce moment-là en identifiant les changements qui se produisaient : les nouveautés qui parvenaient dans chaque foyer au moyen de la télévision, l’importance croissante des people, ou encore les nouvelles façons de s’habiller et de se mouvoir, en définitive une modernisation qui semblait débarquer du jour au lendemain.

 

 

Les photographies en tant qu’espace public

Marta Dahó

Les photographies en tant qu’espace public